Paris expédie vers l'Atlantique deux soirées de long-courrier très différentes, et le téléphone n'y voit qu'un seul et même problème. Mexico ou Cancún se trouvent à onze ou douze heures de vol environ ; São Paulo et Rio de Janeiro, à peu près autant. Tout ce dont l'appareil a besoin se règle avant l'embarquement : renseignez-vous sur ce que prévoit votre propre contrat hors d'Europe, payez le forfait de destination pendant que vous êtes encore en France, chargez-le en Wi-Fi à la maison et laissez-le éteint jusqu'à ce que la police aux frontières en ait fini avec vous. Voir les deux pays, c'est acheter deux fois.
Là où s'arrêtent les règles européennes
En Europe, une ligne française oublie à peu près qu'elle a quitté la maison, et deux ou trois séjours en Espagne ou au Portugal suffisent pour que son propriétaire l'oublie aussi. C'est cet oubli qui coûte cher. Ces règles ont une limite, le Mexique et le Brésil se situent bien au-delà, et au-delà les conditions applicables à votre ligne viennent de votre contrat, et de nulle part ailleurs.
Dix minutes passées sur ce contrat, une semaine avant le départ, suffisent. Cherchez la clause qui traite du reste du monde, puis lisez ce qu'elle prévoit pour les données, pour la voix et pour le trafic de fond qu'un téléphone produit tout seul. La plupart des gens arrivent au même partage : la ligne française garde le numéro, et les données du voyage viennent d'un abonnement acheté pour le pays concerné.
Avant la porte d'embarquement, pas devant
Payez et installez plusieurs jours à l'avance, assis. Une journée de long-courrier au départ de France commence rarement à la porte : un TGV jusqu'à Roissy, un vol matinal depuis Lyon, Marseille ou Nice, la navette entre Orly et Charles-de-Gaulle — si bien qu'à l'embarquement vous êtes debout et en mouvement depuis longtemps. Le Wi-Fi du terminal ouvrira un message ; c'est un mauvais endroit pour tenter un premier téléchargement de profil.
Trois tâches relèvent de la table de cuisine. Gardez le code d'installation et la confirmation de commande sur un second appareil, pas sur celui qui recevra le profil. Notez la première adresse dans chaque pays, le nom de la personne qui vient vous chercher et la référence de réservation dans un document qui s'ouvre sans rien derrière lui. Et cherchez la phrase qui indique à quel moment le compteur démarre, car les offres ne s'accordent pas sur l'événement qui ouvre la fenêtre.
Atterrir au Mexique
Être au sol n'est pas être sorti. Le contrôle des passeports, puis le tapis à bagages, puis la correspondance qu'impose votre aéroport : le téléphone n'y change rien, alors laissez le profil de voyage endormi jusqu'à ce que vous soyez dehors avec vos valises.
Une minute de réglages suffit alors. Activez le profil mexicain et accordez-lui l'autorisation de données en itinérance, celle qui permet à un profil visiteur de s'enregistrer sur un réseau local ; elle vaut pour le profil que vous venez d'activer et pour aucun autre. Dirigez les données mobiles vers lui. Votre ligne française reste vivante pour les appels et les messages, mais ses propres données mobiles sont coupées, de sorte que rien, de ce côté-là, ne parte à la recherche d'un réseau en douce.
Ensuite, c'est la géographie qui commande. À Benito Juárez, les points de prise en charge diffèrent d'un terminal à l'autre, et la liaison qui les relie n'est pas le transfert vers la ville. Cancún se découpe aussi en trois points distincts — le point d'atterrissage, la zone hôtelière et l'adresse elle-même — et le lieu de rendez-vous se trouve d'ordinaire dans le dernier message envoyé par le chauffeur, pas dans la réservation.
Atterrir au Brésil
Le Brésil pose les mêmes trois questions dans un autre ordre. Le trafic international de Rio arrive à Galeão, à une bonne vingtaine de kilomètres de Copacabana ; Santos Dumont, à deux kilomètres environ du centre, voit partir la plupart des vols intérieurs, ce qui fait qu'un séjour à Rio peut discrètement comporter un changement d'aéroport. Les long-courriers de São Paulo se posent à Guarulhos, loin de la ville, et la route qui y mène est une étape du voyage, pas un détail de fin de parcours.
Puis on se met à écrire. Un chauffeur au bord du trottoir vous expliquera en portugais de quel côté du bâtiment il s'est arrêté, et il attendra une réponse dans la minute. C'est l'application de messagerie dont vous vous servez déjà qui portera cet échange : connectez-vous et testez-la en France.
Ce que chacun des deux voyages exige
Le Mexique fait payer au téléphone les déplacements. Ses régions sont reliées par des vols plutôt que par des routes, si bien qu'un itinéraire à deux régions arrive deux fois, et la bande côtière au sud de Cancún est un relais de réservations séparées — une voiture, un trajet en bus ou en train, un bateau, un dernier ramassage — chacune avec sa société et son arrangement écrit. Restez une semaine sur une plage et presque rien de tout cela ne s'applique, jusqu'à l'après-midi où la météo réécrit la journée.
Le Brésil, lui, fait payer les distances. Salvador se trouve à quelque 1 650 kilomètres plus haut sur la côte, Foz do Iguaçu à environ 1 100 dans les terres, et aucun des deux ne se fait en voiture ; le bus de six heures sur le corridor de 430 kilomètres jusqu'à São Paulo est l'exception que les gens prennent vraiment. Les journées de Rio montent autant qu'elles avancent : la grimpée jusqu'au Corcovado et la montée au sommet du Pain de Sucre vous placent au-dessus de la ville plutôt que dedans, et il vaut mieux lire tôt les horaires de billets.
Deux pays, deux achats
Rien, sur l'étagère, ne regroupe ici l'Amérique latine. Au moment où ces lignes sont écrites, les offres régionales nommaient d'autres parties du monde et rien qui recouvre celle-ci, ce qui fait d'un itinéraire à deux pays un achat mexicain et un achat brésilien, livrés sous la forme de deux profils, avec deux enveloppes et deux dates d'expiration. Le second ne prolonge pas le premier.
Le dimensionnement appartient aux deux guides plus longs. Bien choisir au Mexique repose sur l'écart entre le Yucatán et les hautes terres ; la version brésilienne repose sur une langue que la plupart des visiteurs lisent mieux qu'ils ne la parlent. Ramené à une ligne : une quinzaine ordinaire dans l'un ou l'autre pays vise plutôt les dix gigaoctets, et le nombre de jours mérite plus de réflexion que l'enveloppe, car une fenêtre qui expire avant le vol retour est le genre d'erreur qui coûte.
Les tailles et les fenêtres du moment figurent sur les offres mexicaines et les brésiliennes, chacune indiquant le territoire exact que ses offres nomment. Poursuivre plus au sud du Mexique suppose d'acheter pays par pays, et c'est à cela que sert l'annuaire de cette portion de carte.
Garder le numéro français
Le profil de voyage ne fait que des données, et c'est voulu. Le numéro dont vous vous servez depuis toujours reste sur la ligne où il est né : il sonne encore, il reçoit encore les SMS, il reçoit encore le code qu'une banque française envoie quand une carte apparaît à l'étranger. Ce que coûtent ces appels et ces SMS hors d'Europe relève, là encore, de votre contrat.
Conseil : une carte française présentée à une caisse de Guadalajara ou à un kiosque de Salvador déclenche souvent une étape de confirmation, que la banque envoie au numéro qu'elle a en fiche. Installez l'application de votre banque et vérifiez que ce numéro est bien le numéro français resté dans le téléphone. Un lecteur de cartes qui vient de vous refuser est un mauvais endroit pour le découvrir.
Un numéro mexicain ou brésilien est un tout autre produit, et une ligne uniquement data n'en fournit pas, même si les messageries dont tout le monde se sert fonctionnent très bien dessus. Là où le forfait sélectionné le permet, l'enveloppe supplémentaire vient se greffer sur le profil déjà installé. Au retour, l'ordre s'inverse : les données mobiles reviennent sur la ligne française, et les deux profils de voyage restent en place.
Réponses courtes
Mon contrat français fonctionne-t-il au Mexique et au Brésil ? Selon les conditions qu'il prévoit pour le reste du monde. Rien d'autre ne répond, alors regardez avant de réserver.
Combien de temps durent les vols ? Environ onze à douze heures en direct jusqu'à Mexico ou São Paulo, et guère moins pour Cancún ou Rio de Janeiro.
Un seul forfait peut-il valoir pour les deux pays ? Pas ici. Ce sont deux forfaits nationaux : un itinéraire qui prend les deux, ce sont deux achats et deux fenêtres.
Quand faut-il activer le second profil ? Une fois sorti du hall avec vos bagages, pas pendant que vous faites la queue.
Je conserve mon numéro français ? Oui. Il demeure sur sa propre ligne, les codes bancaires continuent d'y arriver, et seules les données déménagent.


